La lutte contre l'effet de serre, les soubresauts du marché pétrolier ont renforcé les nombreux attraits de la biomasse : énergie renouvelable, elle participe à la valorisation des écosystèmes, en particulier forestiers, et présente un bilan neutre en matière de CO2 et donc d'effet de serre. Son impact sur l'emploi local est également positif.
Mais qu'entend-on par biomasse ?
Dans le domaine de l'énergie, ce terme recouvre trois constituants principaux :
- la biomasse lignocellulosique,ou lignine, constituée par le bois, les résidus verts, la paille, l'osier, le roseau, la bagasse de canne à sucre et le fourrage;
- la biomasse à glucide : les céréales, les betteraves sucrières et les cannes à sucre que l'on peut facilement liquéfier;
- la biomasse oléagineuse, riche en lipides : colza, palmier à huile, etc.
Le choix de la biomasse dépend de son utilisation (production de chaleur ou d'électricité) et du potentiel local. Chaque projet demande une réflexion sur la filière d'approvisionnement, l'organisation de celle-ci et sur le contexte réglementaire. De nombreux pays européens encouragent ainsi l'usage de la biomasse par des subventions, des taxes vertes ou des bons d'émissions de CO2.
La biomasse, une alternative performante !
Issue des forêts et/ou de l'agriculture, la biomasse représente un potentiel énergétique important et donc une alternative réaliste aux énergies fossiles. Dalkia possède déjà une expérience de la biomasse dans de nombreux pays européens et s'organise pour sécuriser l'approvisionnement et proposer des solutions techniques et économiques de plus en plus performantes.
Le bilan écologique positif de la biomasse
En poussant, les végétaux absorbent le CO2 émis au cours de la combustion du bois. Si la biomasse n'était pas brûlée, le gaz carbonique accumulé serait de toute façon restitué dans l'atmosphère par le processus normal de décomposition. L'impact de sa combustion sur l'effet de serre est donc neutre.
Une expertise historique dans l'énergie bois
Dalkia a choisi dans un premier temps d'utiliser le bois, dont certaines sources sont relativement faciles à identifier et à mobiliser : les déchets des scieries et des fabricants de meubles,et le bois issu des palettes. Le bois en forêt peut être une autre source intéressante, les rémanents* pouvant être exploités sans entrer en compétition avec d'autres industries comme celle de la construction par exemple. En France, les réseaux de chaleur alimentés par des chaudières à bois se multiplient depuis la fin des années 90 dans les régions où la forêt est historiquement bien exploitée : l'Aquitaine, la Normandie, l'Est en général. À cela s'est ajouté en juillet 2006 une incitation fiscale importante : le taux de TVA est passé à 5,5 % pour les clients des réseaux de chaleur utilisant une énergie issue à 60 % de ressources renouvelables.
* rémanents : menus bois hors souches, racines et feuilles
L'Europe de la biomasse : des contextes favorables, une grande diversité de solutions
La France est loin d'être le seul pays intéressé par l'usage de la biomasse. De nombreuses implantations de Dalkia dans les pays européens démontrent la viabilité et la flexibilité de la filière. Certains sites ont fait le choix de solutions très innovantes.
Tourbe et bois pour la Lituanie. La chaudière mise en service en mai 2006 sur le réseau de Vilnius est une des grandes installations de biomasse de Dalkia avec une puissance de 48 MW thermiques et 12 MW électriques. La chaudière se caractérise par son « lit fluidisé bouillonnant » qui garantit une combustion de qualité. Le projet, créateur d'emplois et bénéfique pour les forêts comme pour l'environnement lituanien, permet de vendre une électricité verte à des tarifs préférentiels.
Des peupliers dans la plaine hongroise. Le peuplier, plante à pousse très rapide, est l'un des « ingrédients » de l'importante centrale biomasse de la ville de Pécs, que Dalkia vient d'acquérir.
La co-combustion en Pologne et en République tchèque. Dans les pays de l'Est, les chaudières à charbon existantes se voient de plus en plus souvent dotées d'un apport en biomasse (entre 5 % et 30 %, généralement du bois). C'est le cas à Poznan en Pologne et à Usti nad Labem, Olomouc et Krnov en République tchèque. Cette technologie permet de produire une électricité plus verte sans investissements lourds.
Biogaz agricole en Allemagne. À Altmark, dans la région de la Saxe, Dalkia Allemagne a inauguré en janvier 2007 dix installations de biogaz livrant annuellement 38,5 millions de kWh d'électricité à partir d'ensilages de maïs ou de céréales. Les déchets verts sont enfermés dans des silos où ils sont digérés en milieu anaérobie par des bactéries. Le méthane qu'ils rejettent est capté pour alimenter un moteur qui produit de l'électricité par cogénération. Cette production est reprise par le réseau classique. Elle est rentable, la loi allemande favorisant la production d'électricité par des énergies renouvelables. Des accords sur 10 ans avec les agriculteurs de la région assurent un approvisionnement constant.
Une recherche "maison" pour affiner les développements futurs
À Limay dans les Yvelines, le CRPE (Centre de recherche sur la propreté et l'énergie) travaille sur l'optimisation de la filière bois, l'usage de la chaleur et l'utilisation de la production de chaleur. « Nous faisons des essais sur les différents types de bois et essences et caractérisons leurs effets et leurs cendres », détaillent Michel Arnaud, Directeur R&D Energies, et Stéphane Thomas, Chef de Pôle Energies Renouvelables. C'est aussi à Limay que sont menées des expériences sur l'efficacité énergétique de la combustion directe des cultures énergétiques et sur celle de la méthanisation. Une troisième voie est également étudiée : la voie thermo-chimique, c'est-à-dire la gazéification de la biomasse, qui à ce stade peut alimenter un moteur. Des études de faisabilité sont en cours et le montage d'opérations pilote s'annonce.
Un axe stratégique
Pour Dalkia, les énergies renouvelables sont une voie d'avenir pour la société, les générations futures et les clients. Parmi les solutions disponibles, la biomasse représente un enjeu stratégique. Côté approvisionnement, aux plantes déjà utilisées pourraient s'ajouter la paille et des cultures énergétiques sur les champs mis en jachère par la politique agricole européenne. La recherche dans ce domaine porte essentiellement sur les tailles à très courte rotation (TTCR) de plantes herbacées comme les herbes à éléphant ou les roseaux de Chine, et sur les taillis à courte rotation (TCR) comme les saules et les peupliers. Côté production de chaleur, il s'agit tout d'abord d'améliorer encore et toujours les performances de la filière thermique. Celle-ci offre en effet le meilleur rendement (80 % et plus) et le potentiel le plus important. Dalkia a pour projet la création en France de mini-réseaux : 150 projets de petite taille pourraient voir le jour en France dans les 5 années à venir. Avec cette filière, Dalkia pourra atteindre l'objectif de 20 % d'énergies renouvelables. Deux autres filières présentent aussi un grand intérêt : la production d'électricité en cogénération, et la méthanisation comme à Altmark en Allemagne.
94 installations dans toute l'Europe en 2007 Puissance totale installée : 740 MW Plus d'1 million de tonnes équivalent bois consommés par an La chaleur produite supérieure à : 1 million de MWh * Données Dalkia 2006 intégrant Pannonpower |